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samedi 13 janvier 2018

Stopper la xénophobie identitaire ...



Stoppons les divagations des #Lisée, des Puigdemont, des Trump et de leurs semblables ...


Le régionalisme, l'indépendantisme puis l'explosion des états

Source : Mediapart — LE BLOG DE MAX ANGEL

Il semblerait que plus la mondialisation devient irréversible, l'économique l'ayant emporté sur le politique, plus les humains se replient sur eux-mêmes. Comme si les photos du satellite que nous habitons n'avaient eu aucune influence sur leur comportement. Bien plus, comme s'ils avaient peur de perdre leur identité, leurs coutumes, leur langue, leurs habitudes.

D'ailleurs, cette défense d'une identité souvent mythifiée fait les beaux jours des campagnes électorales qui se déroulent dans les démocraties bourgeoises au profit des partis de la droite extrême, nationaliste, régionaliste, identitaire qui se pose en rempart contre tous les étrangers dont ils se sentent menacés.

Cela permet d'éviter de dénoncer les méfaits du système néo-libéral dominant, qui de fait, engendre et prône la compétition, la concurrence de chacun CONTRE tous les autres. Que cela soit au sein de l'entreprise, entre les entreprises, mais surtout entre les salariés. "Diviser pour régner" n'a jamais aussi bien fonctionné. Il s'agit d'instiller dans les esprits que chacun, pris isolément, s'il le désire, peut réussir. Soit, s'enrichir au détriment des autres.

Elle existe bien toujours cette sempiternelle lutte de classes que les médias, dans leur majorité aux mains de milliardaires, ont réussi à rendre ringarde, inapropriée à la réalité, en convainquant les exploités que les intérêts du millionnaire, du milliardaire et du pauvre sont les mêmes. Ni exploiteurs, ni exploités. Ni droite, ni gauche. "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil..."

Cette division de la société se traduit par un égoïsme forcené, un individualisme sacralisé, et un darwinisme social qui doit être accepté comme étant une loi de la Nature, voire de Dieu pour ceux qui croient en cette belle invention humaine venue de la nuit des temps.

On n'est donc pas étonné de constater qu'en Europe, mais aussi ailleurs, ce sont les régions les plus riches qui désirent rompre d'avec les régions les plus pauvres, refusant le partage des richesses en n'osant pas, mais en le pensant très fort, "Vae victis !" à ces salopards de pauvres.

La Catalogne se prépare à un referendum organisé par l'Etat espagnol. Le pays basque se contente pour le moment de son autonomie acceptée par Madrid après des années de guerre indépendantiste. Les indépendantistes corses vont siéger en force à l'assemblée régionale. Les belges flamands et wallons se supportent et se défient. La Ligue du Nord aimerait bien une indépendance de la Padanie, cette illusion récente, correspondant plus ou moins à cette Gaule Cisalpine de jadis, lieu de passage européen qui vit tant de troupes la martyriser pendant des siècles.

Il n'y a pas si longtemps on a vu comment la Yougoslavie a explosé en une guerre fratricide avec repli obligatoire des populations sur leur communauté religieuse, leur clan, leur région d'origine même quand ils étaient des couples mixtes, serbo-croates ou serbo-bosniaques, athées ou de religions différentes.

Ne parlons pas de l'Afrique, dont les frontières ont été tracées jadis sur des cartes, par des "experts" impérialistes réunis autour d'une table et munis de règles, sans tenir compte des populations qui vivaient dans les espaces que les puissances se partageaient en fonction des richesses du sous-sol.

Que des régions soient fières de leurs traditions, de leurs dialectes, de leurs coutumes et veuillent les perpétrer, quoi de plus normal. C'est ce qui fait le charme de la vieille Europe, que dis-je de la planète. Mais que cette fierté locale en arrive à nier la réalité et à se replier sur elle-même dans des tremblements de peurs moyennageuses, c'est ignorer l'Histoire de l'humanité et son futur.

Nous sommes tous, les plus ou moins lointains descendants de migrants, que cela nous plaise ou non. L'identité d'un pays est une accumulation d'apports venus d'un peu partout et touillés en fonction du lieu et de l'histoire du pays. Il n'y a pas de pureté de race, ou de caractère typiquement français, anglais, allemand, italien en dépit des clichés que nous continuons à trimbaler les uns sur les autres avec un entêtement de bête brute.

Quoi de plus ridicules que ces touristes US chapeautés d'un béret basque pour se fondre dans la foule parisienne où ils sont les seuls à le porter. A quoi rime cette peur des français envers les italiens qui ne sont pas plus malhonnêtes que nous ? Quant à leur réputation de mafieux, commençons par balayer devant notre porte. Les clubs, les alliances, les francs-maçonneries, les chapelles, les comités ceci ou cela, les syndicats, les partis, les groupuscules, les associations d'anciens... Autant de cercles qu'il faut absolument avoir fréquentés pour se faire une place au soleil. Certes, peu de meurtes de sang. Mais, pire, l'hypocrisie et les exécutions sèches que sont les licenciements, les inscriptions sur des listes noires, les portes qui se ferment, la censure...

Il faut voyager pour se rendre compte qu'il y a bien plus de choses qui nous rapprochent que ce qui nous sépare. Les multinationales US, coréennes, japonaises, européennes imposent à la planète leurs boissons sucrées, leur mal-bouffe, leurs appareils photos, leurs réseaux sociaux, leurs informations, leurs téléphones portables. Il est donc nécessaire, plus que jamais, de penser la complexité du monde tel qu'il est.

Dès aujourd'hui, nous savons que la montée des océans, les changements climatiques, entraînant cyclones et sécheresses, perte de polders, de zones humides asséchées vont bouleverser les rivages et entraîner des déplacements massifs de populations. Comment nous y préparons-nous ? Les régions privilégiées ou non pourront-elles faire face à de tels problèmes ?

Nous devrions savoir que nous sommes à la fois, les enfants d'une petite patrie, et des terriens vivant sur une petite planète perdue dans un univers qui nous laisse bien seuls. Est-ce en nous montant les uns contre les autres que nous allons réussir à vivre harmonieusement sur ce satellite que nous ne sommes pas prêts de quitter ? Quand allons-nous comprendre que les seuls "étrangers" dont on devrait se méfier seraient des extra-terrestres qui n'ont laissé aucune preuve tangible de leur existence ?

Le système fou qui nous domine et dont nous sommes tous devenus complices à notre corps défendant, nous conduit vers une fin prématurée de l'espèce humaine. Pollution de l'air, de l'eau, des terres, des océans, épuisement des soutes du satellite. Certains métaux, certaines matières premières seront absentes dans les prochaînes décennies, soit pour les deux générations futures. Belle perspective que nous leur offrons avec, en cadeau, la gestion des centrales nucléaires qui ne sont pas éternelles en dépit des prétentions du secteur et les déchets qui en sont issus et qui menacent la vie pour des dizaines de générations.

Peut-on croire que c'est en nous repliant à l'ombre de nos clochers, en nous cadenassant derrière des frontières de barbelés, des murs de la honte, des crimes contre l'humanité en laissant se noyer des milliers d'humains dans la Méditerranée que nous trouverons le bonheur ? Comme il est assourdissant le silence des anciens défenseurs des "boats-people" vietnamiens !

N'est-ce pas plutôt en nous unissant, en ouvrant nos portes, en apprenant la langue des autres, en mêlant nos cultures comme l'ont toujours faits les poètes, les philosophes, les musiciens, les artistes, les scientifiques que nous trouverons les solutions pour tenter de freiner cette course stupide vers l'abîme ?

Que les gens se réveillent avant qu'il ne soit trop tard !

Comment mettre un terme aux prétentions éhontées de ces multinationales qui possèdent une puissance de feu monétaire supérieure au PIB de pays riches et qui tiennent la dragée haute aux états qu'ils contrôlent par l'intermédiaire de leur lobbying ?

Diviser, toujours diviser, encore diviser... Faire exploser les nations. Tout peuple a droit à être indépendant. Soit ! Mais Coca-cola, Mac'Do et autre Google ont le devoir de s'abattre sur tous les terriens pour enrichir leurs actionnaires.

Je ne crois guère aux avantages et particularismes régionaux en dehors d'une politique touristique. Je ne pense pas que l'égoïsme, l'individualisme exacerbé débouchent sur le bonheur.

"Peut-on être heureux tout seul ?" se demandait déjà A. Camus.

Mais aujourd'hui, on peut se demander si le mot "bonheur" n'est pas devenu une outrecuidance enterrée avec Jeand'O et remplacé par "riche".

Seulement "riche", "friqué", "milliardaire", avec Légion d'Honneur bien entendu...